22 août 2008
La Finesse
Vraiment, l'esprit français semble malade. On l'a souvent comparé à la
mousse de vin de Champagne. Or, tout vin longtemps débouché s'évapore,
il en est de même de l'esprit, sans doute.
Nous avons gardé, il est vrai, quelque chose qui nous tient lieu
d'esprit : la blague... Mais nous avons perdu la qualité première qui
constituait la marque française : la Finesse.
Aujourd'hui, nous remplaçons cette antique qualité nationale par
quelque chose de brutal, de grossier, de lourd. Nous rions sottement.
L'esprit, en France, avait plusieurs sortes de manifestations. On pouvait le classer par genres :
L'esprit des rues ;
L'esprit des salons ;
L'esprit des livres.
Qu'est-ce que l'esprit ? Le dictionnaire n'en donne point de
définition. C'est un certain tour de pensée tantôt joyeux, tantôt
comique, tantôt piquant, qui produit dans l'intelligence une sorte de
chatouillement agréable et provoque le rire.
On appelle rire une gaieté particulière de l'âme qui se manifeste
par des grimaces, des plis nerveux autour de la bouche, et des petits
cris saccadés qui semblent sortir du nez.
Or, à Paris, le rapprochement imprévu, bizarre, de deux termes, de
deux idées ou même de deux sons, une calembredaine quelconque, une
acrobatie de langage fait passer à travers la ville un souffle de
contentement.
Pourquoi tous les Français rient-ils, alors que tous les Anglais et
tous les Allemands trouveront incompréhensible notre amusement ?
Pourquoi ? Mais parce que nous sommes Français, que nous avons
l'intelligence française et que nous possédons cette charmante et
alerte faculté du rire.
Mais nous rions, aujourd'hui, pour des sottises tellement lourdes qu'on en demeure confondu.
Sous la Fronde, sous la Régence, sous la Restauration, sous Louis
XVIII les mots qui couraient la ville avaient une verve agile, une
pointe effilée, parfois même empoisonnée, et toujours une portée
secrète. Derrière la drôlerie ou la perfidie du trait se cachait une
pensée subtile. Cela sonnait clair comme de la bonne monnaie d'argent.
Aujourd'hui l'esprit sonne faux comme du plomb.
Est-il possible vraiment que depuis quatre ou cinq ans tout
l'effort de l'intelligence alerte de la France aboutisse à travers les
mots v'lan et pschutt ! V'lan ! Pschutt !
Pourquoi V'lan ? pourquoi Pschutt ? Qu'y a-t-il de drôle dans ces deux
syllabes ? Quel flot de stupidité a donc noyé notre esprit ?
« En France, l'esprit court les rues », dit-on. On l'y rencontre
cependant de moins en moins. Mais où apparaît le plus cette décadence,
c'est assurément dans les salons.
La conversation y est généralement banale, courante, oiseuse, toute
faite, monotone, à la portée de chaque imbécile. Cela coule, coule des
lèvres, des petites lèvres des femmes qu'un pli gracieux retrousse, des
lèvres barbues des hommes qu'un bout de ruban rouge à la boutonnière
semble indiquer intelligents. Cela coule sans fin, écœurant, bête à
faire pleurer, sans une variante, sans un éclat, sans une saillie, sans
une fusée d'esprit.
On parle musique, art, haute poésie. Or il serait cent millions de
fois plus intéressant d'entendre un charcutier parler saucisse avec
compétence que d'écouter les messieurs corrects et les femmes du monde
en visite ouvrir leur robinet à banalités sur les seules choses grandes
et belles qui soient.
Croyez-vous qu'ils pensent à ce qu'ils disent, ces gens ? qu'ils
fassent l'effort de comprendre ce dont ils s'entretiennent, d'en
pénétrer le sens mystérieux ? Non.
Ils répètent tout ce qu'il est d'usage de répéter sur ce sujet.
Voilà tout. Aussi je déclare qu'il faut un courage surhumain, une dose
de patience à toute épreuve, et une bien sereine indifférence en tout
pour aller aujourd'hui dans ce qu'on appelle le monde et subir avec un
visage souriant les bavardages ineptes qu'on entend à tout propos.
Quelques salons font exception. Ils sont rares.
Je ne prétends point qu'on doive dégager dans une causerie de dix
minutes le sens philosophique du moindre événement, cet « au-delà » de
chaque fait raconté, qui élargit jusqu'à l'infini tout sujet qu'on
aborde.
Non certes. Mais il faudrait au moins savoir causer avec un peu d'esprit.
Causer avec esprit ? Qu'est-ce que cela ? Causer c'était jadis
l'art d'être homme ou femme du monde, l'art de ne paraître jamais
ennuyeux, de savoir tout dire avec intérêt, de plaire avec n'importe
quoi, de séduire avec rien du tout.
Aujourd'hui on parle, on raconte, on bavarde, on potine, on cancane ; on ne cause plus, on ne cause jamais.
Berlioz a écrit dans une de ses lettres :
« Je vis, depuis mon retour d'Italie, au milieu du monde le plus
prosaïque, le plus desséchant. Malgré mes supplications de n'en rien
faire, on se plaît, on s'obstine à me parler sans cesse musique, art,
haute poésie ; ces gens-là emploient ces termes avec le plus grand
sang-froid : on dirait qu'ils parlent vin, femmes, émeutes ou autres
cochonneries. Mon beau-frère surtout, qui est d'une loquacité
effrayante, me tue. Je sens que je suis isolé de tout ce monde par mes
pensées, par mes passions, par mes amours, par mes haines, par mes
mépris, par ma tête, par mon cœur, par tout. »
Eh bien ! savoir causer, c'est savoir parler vin, femmes,
émeutes... et autres balivernes, sans que ce soit jamais... ce que dit
Berlioz.
Comment définir ce vif effleurement des choses par les mots, ce jeu
de raquettes avec des paroles souples, cette espèce de sourire léger
des idées que doit être la causerie spirituelle ?
On s'embourbe aujourd'hui dans le racontage. Chacun raconte à son
tour des choses personnelles, ennuyeuses et longues qui n'intéressent
aucun voisin.
Et puis toujours la conversation se traîne sur les faits politiques
du jour ou de la veille. Jamais plus elle ne s'envole d'un coup d'aile
pour aller d'idée en idée, comme jadis.
Mais ce n'est point seulement de la conversation qu'a disparu la
charmante finesse française. La société actuelle, composée presque
exclusivement de parvenus récents, a perdu un sens délicat, une sorte
de flair subtil, insaisissable, inexprimable, qui appartient presque
exclusivement aux aristocraties lettrées et qu'on peut appeler : le
sens artiste.
Un artiste ! Le public d'aujourd'hui qui lit avidement des
pamphlets ineptes en les déclarant spirituels uniquement parce qu'ils
lèvent les masques, ne comprend nullement ce que signifie ce mot
« artiste » appliqué à un homme de lettres. Au siècle dernier, au
contraire, le public, juge difficile et raffiné, poussait à l'extrême
ce sens artiste qui disparaît, il se passionnait pour une phrase, pour
un vers, pour une épithète ingénieuse ou hardie. Vingt lignes, une
page, un portrait, un épisode lui suffisaient pour juger et classer un
écrivain. Il cherchait les dessous, les dedans des mots, pénétrait les
raisons secrètes de l'auteur, lisait lentement, sans rien passer,
cherchant, après avoir compris la phrase, s'il ne restait plus rien à
pénétrer. Car les esprits, lentement préparés aux sensations
littéraires, subissaient l'influence secrète de cette puissance
mystérieuse qui met une âme dans les œuvres.
Quand un homme, quelque doué qu'il soit, ne se préoccupe que de la
chose racontée, quand il ne se rend pas compte que le véritable pouvoir
littéraire n'est pas dans le fait, mais bien dans la manière de le
préparer, de le présenter et de l'exprimer, il n'a pas le sens de l'art.
La profonde et délicieuse jouissance qui vous monte au cœur devant
certaines pages. devant certaines phrases, ne vient pas seulement de ce
qu'elles disent ; elle vient d'une accordance absolue de l'expression
avec l'idée, d'une sensation d'harmonie, de beauté secrète échappant la
plupart du temps au jugement des foules.
Musset, ce grand poète, n'était pas un artiste. Les choses
charmantes qu'il dit en une langue facile et séduisante, laissent
presque indifférents ceux que préoccupent la poursuite, la recherche,
l'émotion d'une beauté plus haute, plus insaisissable, plus
intellectuelle.
La foule, au contraire, trouve en Musset la satisfaction de tous
ses appétits poétiques, un peu grossiers, sans comprendre même le
frémissement, presque l'extase que nous peuvent donner certaines pièces
de Baudelaire, de Victor Hugo, de Leconte de Lisle.
Les mots ont une âme. La plupart des lecteurs ne leur demandent
qu'un sens. Il faut trouver cette âme qui apparaît au contact d'autres
mots, qui éclate et éclaire certains livres d'une lumière inconnue,
bien difficile à faire jaillir.
Il y a dans les rapprochements et les combinaisons de la langue
écrite par certains hommes toute l'évocation d'un monde poétique, que
le peuple des mondains ne sait plus apercevoir ni deviner. Quand on lui
parle de
cela il se fâche, raisonne, argumente, nie, crie et veut qu'on lui
montre. Il serait inutile d'essayer. Ne sentant pas, il ne comprendra
jamais.
Des hommes instruits, intelligents, des écrivains même, s'étonnent aussi quand on leur parle de ce mystère
qu'ils ignorent ; et ils sourient en haussant les épaules. Qu'importe.
Ils ne savent pas. Autant parler musique à des gens qui n'ont point
d'oreille.
Dix paroles échangées suffisent à deux esprits doués de ce sens
mystérieux de l'art, pour se comprendre comme s'ils se servaient d'un
langage ignoré des autres.
D'où vient donc cette lourdeur de nos esprits ? Des mœurs
nouvelles ? ou des hommes nouveaux ? Des deux, peut-être. Sans doute
aussi du gouvernement ! Mais je ne voudrais pas accuser le gouvernement
d'avoir produit le phylloxéra ou la maladie des pommes de terre. Ces
sortes d'accusations, fréquentes d'ailleurs, ne sont pas assez
justifiées. Mais on peut, sans crainte de se tromper, l'accuser de nous
rendre épais comme des Allemands.
Tel maître, tel valet, dit un proverbe. Tel roi, tel peuple. Si le
prince est spirituel, artiste et lettré, le peuple aussitôt devient
artiste, lettré et spirituel. Quand le prince est lourdaud, le peuple
entier devient stupide. Or, nos princes, on peut l'avouer, ne sont ni
artistes, ni lettrés, ni fins, ni élégants, ni délicats. Par « nos
princes » j'entends nos députés. Quelques-uns font exception ; mais ils
ne comptent pas, noyés dans la masse des représentants crottés du
suffrage universel.
Et le chef de l'État, fort honnête homme, ne cherche pas à faire de l'Élysée un temple de l'Esprit et des Arts, comme on aurait dit au siècle dernier.
Sur les Blogueurs
Titre original : sur les Causeurs
Je lisais ceci, dernièrement, dans les lettres intimes de Berlioz qui
viennent d'être publiées : « Je vis, depuis mon retour d'Italie, au
milieu du monde le plus prosaïque, le plus desséchant. Malgré mes
supplications de n'en rien faire, on se plaît, on s'obstine à me parler
sans cesse musique, art, haute poésie ; ces gens-là emploient ces
termes avec le plus grand sang-froid ; on dirait qu'ils parlent vin,
femmes, émeute ou autres cochonneries. Mon beau-frère surtout, qui est
d'une loquacité effrayante, me tue. Je sens que je suis isolé de tout
ce monde par mes pensées, par mes passions, par mes amours, par mes
haines, par mes mépris, par ma tête, par mon cœur, par tout ».
Cette violente et superbe boutade pourrait s'appliquer à tous ou du
moins à presque tous les salons d'aujourd'hui, tant la conversation y
est banale, courante, odieuse, toute faite, monotone, à la portée de
chaque imbécile. Cela coule, coule des lèvres, des petites lèvres des
femmes qu'un pli gracieux retrousse, des lèvres barbues des hommes
qu'un bout de ruban rouge à la boutonnière semble indiquer
intelligents. Cela coule sans fin, écœurant, bête à faire pleurer, sans
une variante, sans un éclat, sans une saillie, sans une fusée d'esprit.
On parle, en effet, musique, art, haute poésie. Or il serait cent
millions de fois plus intéressant d'entendre un charcutier parler
boudin avec compétence, que d'écouter les messieurs corrects et les
femmes du monde en visite
ouvrir leur robinet à banalités sur les seules choses grandes et belles
qui soient. Croyez-vous qu'ils pensent à ce qu'ils disent, ces gens ?
Qu'ils fassent l'effort de descendre au fond de ce dont ils
s'entretiennent, d'en pénétrer le sens mystérieux ? Non ! Ils répètent
tout ce qu'il est d'usage de répéter sur ce sujet. Voilà tout. Aussi je
déclare qu'il faut un courage surhumain, une dose de patience à toute
épreuve et une bien sereine indifférence en tout pour aller aujourd'hui
dans ce qu'on appelle le monde, et subir avec un visage souriant les
bavardages ineptes qu'on entend à propos de tout.
Quelques maisons, bien entendu, font exception, mais elles sont rares, très rares.
Je ne prétends point assurément que chacun puisse, dans le premier
salon venu, parler poésie avec l'autorité de Victor Hugo, musique avec
la compétence de Saint-Saëns, peinture avec le savoir de Bonnat ; qu'on
doive dégager, dans une causerie de dix minutes, le sens philosophique
du moindre événement, pénétrer cet « au-delà » de la chose même qui en
fait le charme, qui constitue la séduction profonde d'une œuvre d'art,
et qui élargit jusqu'à l'infini tout sujet qu'on aborde. Non. Il faut
savoir s'abstenir de traiter légèrement les grandes questions ; mais il
faudrait, pour que les salons actuels, fussent abordables, qu'on sût au
moins causer !
Causer ! Qu'est cela ? Causer, madame, c'était jadis l'art d'être
homme ou femme du monde ; l'art de ne paraître jamais ennuyeux, de
savoir tout dire avec intérêt, de plaire avec n'importe quoi, de
séduire avec rien du tout. Aujourd'hui on parle, on raconte, on
chipote, on potine, on cancane, on ne cause plus, on ne cause jamais.
L'ardent musicien que je citais s'écrie : « On dirait qu'ils parlent
vin, femmes, émeute ou autres cochonneries ». - Eh bien, savoir causer,
c'est savoir parler vin, femmes, émeute et... autres balivernes, sans
que rien soit... ce que dit Berlioz.
Comment définir le vif effleurement des choses par les mots, ce jeu
de raquette avec des paroles souples, cette espèce de sourire léger des
idées que doit être la causerie ? On s'embourbe aujourd'hui dans le
racontage. Chacun raconte à son tour des choses personnelles,
ennuyeuses et longues, qui n'intéressent aucun voisin. Remarquez-le,
sur vingt personnes qui parlent, dix-neuf parlent d'elles-mêmes,
narrent des événements qui leur sont arrivés, et cela lentement,
laissant l'esprit retomber après chaque mot, la pensée des auditeurs
bâiller entre chaque phrase, de telle sorte qu'on a toujours envie de
leur dire : « Mais taisez-vous donc, laissez-moi au moins rêver
tranquillement ».
Et puis toujours la conversation se traîne sur les choses banales
du jour ou de la veille ; jamais plus elle ne s'envole d'un coup
d'ailes pour se percher sur une idée, une simple idée, et, de là,
sauter sur une autre, puis sur une autre.
J'ai souvent entendu Gustave Flaubert dire (et cette observation
m'a paru d'une singulière et profonde vérité) : « Quand on écoute
causer les hommes, on reconnaît les esprits supérieurs à ceci : c'est
que sans cesse ils vont du fait à l'idée générale, élargissant
toujours, dégageant une sorte de loi, ne prenant jamais un événement
que comme tremplin ».
C'est ce que font les philosophes, les historiens, les moralistes.
C'est ce que faisaient, toute proportion gardée, les charmants causeurs
du siècle dernier. Ils jabotaient avec des idées bien plus qu'avec des
faits divers. Aujourd'hui tout est faits divers. Quand on arrête, par
hasard, dans un salon, l'écoulement des phrases toutes préparées, des
idées reçues et des opinions adoptées, c'est pour narrer, sans
commentaires spirituels d'ailleurs, quelque aventure d'alcôve ou de
coulisse.
Il ne reste maintenant que des monologueurs. Ceux-là sont des
malins. Comprenant que personne ne pourrait leur donner la réplique,
l'art de causer étant disparu, ils sont devenus des espèces de
conférenciers pour dîners et soirées. On les connaît, on les cite, on
les invite. L'Académie en compte même plusieurs en son sein. Celui-ci
opère surtout en tête-à-tête, celui-là préfère la galerie. Ils ont
leurs sujets préparés, leurs tiroirs à bavardage, leurs arguments,
leurs ficelles.
Le plus célèbre de tous, fort aimable homme, du reste, s'est fait
une telle spécialité dans la causerie sentimentale à deux, lui seul
parlant, que ses rivaux trépignent de jalousie. Jamais, oh ! jamais, il
ne s'adresse aux hommes ! Tout pour les femmes. Pour elles, la
séduction sérieuse de son esprit, son savoir grave et doux, tous ses
frais d'éloquence. Mais aussi comme il sait leur plaire, comme il les
séduit, comme il possède leur âme ! En voilà un qui doit mépriser
Schopenhauer ! Et comme Schopenhauer le lui eût rendu !
Beau ? Non, il n'est pas beau, il est bien. Tout en lui est bien :
sa figure, sa tenue, sa parole, sa science, sa position, tout. Il est
presque trop bien ; pour les hommes il serait mieux étant moins bien.
Pour les femmes, il est l'idéal.
Il sait manœuvrer sans faire de jalouses. Il choisit l'élue du jour, et
- comment fait-il ? je l'ignore - mais bientôt ils sont seuls, dans un
coin, tout seuls, causant. Il parle bas, très bas ; personne autour de
lui n'entend ; il reste grave, toujours bien, souriant à peine ; tandis
qu'elle le regarde soit fixement soit par secousses, gardant sur les
lèvres un sourire ravi, le sourire des bienheureux. C'est le Donato de
la parole !
On dit pourtant qu'il n'est pas ce qu'on appelle un homme galant,
bien qu'il soit fort galant homme ; il sait parler aux femmes, voilà
tout.
Pourquoi l'ai-je cité ? Parce que chacune, quand on le nomme,
s'écrie : « Quel causeur ! » - Eh bien, non, ce n'est point un
causeur ; il n'y a plus de causeurs, à part quatre ou cinq, peut-être ;
et ceux-là même, ne trouvant jamais personne qui leur tienne tête à
cette charmante mais difficile escrime, deviennent peu à peu des
monologueurs.